1/ Les fondamentaux du projet
1.1/ Une nécessité absolue
En quoi consiste le projet "La rivière de Morlaix ?"
- Le projet de lutte contre les inondations comprend :
- Le remodelage des galeries souterraines du Queffleuth et du Jarlot :
Faciliter l’écoulement de l’eau aux points d’étranglement dans la galerie du Jarlot et créer un nouveau tronçon de la galerie du Queffleuth sous la place Émile-Souvestre, entre la Rue de Brest et la Place des Otages ; - La remise à ciel ouvert de la galerie de la Rivière de Morlaix depuis le kiosque jusqu’au bassin pour recréer la connexion entre la galerie, actuellement coupée de la surface, avec ses berges.
- Enfin, le reprofilage des places Cornic et de Gaulle pour les rendre concaves et contenir les débordements au centre.
- Le remodelage des galeries souterraines du Queffleuth et du Jarlot :
Ces trois interventions faciliteront l’évacuation des eaux et réduiront les risques de débordement contre les bâtiments. Ce dispositif aurait évité les inondations de l’hiver 2013-2014 au cœur de ville.
- La rénovation du système d’assainissement morlaisien
Enjeu crucial de santé publique, notamment pour garantir la qualité des eaux de baignade, protéger les zones conchylicoles et préserver la biodiversité. D’importants travaux de renouvellement des réseaux seront réalisés afin de mutualiser sur une même période tous les travaux sur la partie souterraine du centre-ville.
- Un nouvel aménagement des espaces publics
En centre-ville, une opportunité unique de repenser ensemble notre cadre de vie et l’attractivité du centre-ville.
Pourquoi ce projet est-il indispensable ?
- Parce qu’il s’agit d’un projet d’intérêt général majeur visant à protéger les personnes, les biens et l’environnement. Face aux effets grandissants du dérèglement climatique, nous devons absolument adapter nos espaces de vie.
- Parce qu’il apporte des bénéfices environnementaux tangibles face aux risques conséquents découlant de ce dérèglement climatique : le projet réduira la vulnérabilité de Morlaix aux inondations dues aux submersions marines et apportera un rafraîchissement naturel à la ville.
- Pour mutualiser ces temps de travaux avec le renouvellement impératif des réseaux d’eaux usées devenus vétustes, afin de participer à la reconquête de la qualité de l’eau en baie de Morlaix et y préserver les activités conchylicoles et nautiques.
- Pour repenser collectivement, avec les usagers, l’aménagement et l’attractivité du cœur de ville, jugés très insatisfaisants par les habitants et les touristes au vu des avis enregistrés par l’office de tourisme de Morlaix et Morlaix Communauté, mais aussi d’une centaine de premiers entretiens réalisés par l’agence de concertation Ville Ouverte auprès des usagers du centre-ville.
Ce projet pourrait-il remettre en cause d’autres politiques publiques?
Ce projet n’entrave en rien la continuité des autres actions menées par la Ville et Morlaix Communauté dans différents domaines, qu’il s’agisse du logement, des mobilités, des actions en direction des personnes en difficulté, etc…
Par ailleurs, il faut noter que les subventions accordées pour ce projet ne sont pas transférables à d’autres domaines.
Le projet se fera-t-il assurément ?
Le projet de lutte contre les inondations en cours depuis le lancement des études en 2016, dispose de toutes les raisons d’aboutir :
- Il répond à de grands enjeux d’intérêt général de protection des personnes, des biens et de l’environnement (qui doivent transcender les clivages politiques), dans un contexte de plus en plus urgent de dérèglement climatique (anticiper plutôt que de subir).
- Les études scientifiques réalisées démontrent que la réouverture de la rivière est la seule solution efficace pour lutter contre les inondations et protéger les habitants et les biens du centre-ville de Morlaix, tout en répondant aux risques accrus de catastrophes liés au dérèglement climatique.
- Il a été validé (et financé à 50 %) par l’État dans le cadre du programme d’actions de prévention des inondations (PAPI).
- Il a reçu un accueil favorable de l’ensemble de ses partenaires et le financement pour la phase d’études est d’ores et déjà acté.
- Les études urbaines et la concertation avec les habitants et les commerçants sont déjà en cours : la première phase de participation a abouti à un bilan consultable via ce lien.
Connaît-on des exemples similaires de projets de cette envergure ?
A l’echelle régionale, nous pouvons faire le parallèle avec le projet d’ouverture de la Vilaine à Rennes. Ce projet se fait dans une optique de transition écologique afin de lutter contre la chaleur en créant un espace plus frais et végétalisé, tandis qu’à Morlaix, la raison principale du projet de la réouverture de la rivière vise à lutter contre les inondations. Des objectifs différents pour un résultat semblable : une centre-ville repensé, modernisé et qui renforce l’attractivité.
1.2/ Un peu d'histoire
Quel était l'usage de la rivière autrefois ?
- Le Jarlot et le Queffleuth servaient de remparts naturels à la ville.
- L’eau dans la ville avait aussi une fonction d’hygiène et d’usage (les lavoirs, l’écoulement des déjections des chevaux via l’eau de la rivière…)
- Dès la fin du Moyen Âge, Morlaix, déjà reconnu sur les routes maritimes comme un port d’escale et de ravitaillement, devient aussi un port de destination. Sa production locale, des toiles de lin et de chanvre, cuirs, papiers, beurres et produits agricoles, est alors recherchée à travers toute l’Europe.
- Ce bassin portuaire fut et est encore un lieu fort de rencontres et d’échanges (quartier de la Manufacture reconvertie…)
Quand et pourquoi la rivière a-t-elle été couverte ?
- 1841 : couverture des rivières du Jarlot et du Queffleuth pour construire la mairie de Morlaix
- 1861 : construction du Viaduc de Morlaix
- 1897 : la rivière de Morlaix est partiellement recouverte pour créer la place Cornic.
- 1898 : le Jarlot est recouvert et les lavoirs détruits
- 1963 : la rivière de Morlaix finit d’être recouverte pour créer la place Charles de Gaulle et en faire un parking.
Ces aménagements répondaient alors à l’essor de l’automobile dans la société et pour favoriser son usage en ville.
Pourquoi les places Cornic et de Gaulle sont-elles convexes ?
Probablement en raison d’une moins bonne connaissance du fonctionnement hydraulique et de choix d’aménagement effectués à l’époque. Le fait d’élever le toit de la galerie permet d’augmenter sa capacité hydraulique. Malheureusement, ce parti-pris a également pour conséquence de surélever le niveau des places en surface et de les rendre bombées.
1.3/ Coût du projet
Combien le projet va-t-il coûter ?
Les premiers chiffrages établis au stade de faisabilité, réalisés il y a deux ans lors des premières études, concernaient uniquement les travaux de réouverture et de reprofilage des galeries, sans inclure les aménagements de surface ni les ouvrages d’art. La concertation et les études de programmation doivent permettre de définir les aménagements souhaités pour les espaces publics aux abords de la rivière. Le chiffrage complet et global du projet s’affinera donc à l’issue de la concertation et des études de programmation.
Comment ce projet est-il financé ?
Le projet s’inscrit dans les programmes :
- Action cœur de ville
- Programme d’actions de prévention des inondations (PAPI)
Il bénéficie d’un fort soutien et de plusieurs co-financeurs pour l’ensemble de sa phase d’études :
- Europe (FEDER Adaptation au changement climatique)
- Etat (« Dotation de soutien à l’investissement local – Centralités DSIL » / Action Cœur de Ville et « Fonds Barnier » / Programme d’actions et de prévention des inondations – PAPI)
- Région Bretagne
- Département du Finistère
- Caisse des Dépôts – Banque des territoires (Convention de partenariat – Site pilote Cœur de Ville et adaptation au changement climatique)
- Agence de l’eau Loire-Bretagne (Fonds Vert) »
Les études pré-opérationnelles 2024-2026 sont financées à 80 % par les partenaires du projet (Europe, État, Région, Département, Caisse des Dépôts, Agence de l’Eau), soit le maximum autorisé. Ces fonds sont strictement réservés à l’étude du projet de prévention des risques et d’adaptation au changement climatique et ne peuvent légalement être utilisés pour d’autres actions.
Il s’agira de consolider ces soutiens et d’obtenir de nouveaux financements pour la phase suivante de réalisation des travaux.
Le coût du projet est-il proportionné par rapport aux coûts des dégâts occasionnés ?
Les études réalisées dans le cadre du PAPI ont comparé les coûts des dommages causés par les inondations avant et après les aménagements. Elles prouvent que les travaux coûteront moins cher que les dégâts pour les habitants et les assurances.
En cas de crue vingtennale, 79 % des coûts de dommages seraient évités, soit 5,3 M€.
- En cas de crue trentennale, 78 % des coûts de dommages seraient évités, soit 10,4 M€.
- En cas de crue cinquantennale, 53 % des coûts de dommages seraient évités, soit 10,1 M€.
Le projet est raisonnable parce qu’il est rentable.
1.4/ Les inondations
Qu’est-ce qu’une crue vingtennale, trentennale, cinquantennale ?
Une crue vingtennale a une probabilité de 1 sur 20 de se produire chaque année, une crue trentennale 1 sur 30 et une crue cinquantennale 1 sur 50. Par conséquent, une crue trentennale et une crue cinquantennale pourraient survenir à seulement 2 ans d’intervalle.
Plus une crue est rare plus l’inondation qu’elle génère est importante. De ce fait, une crue cinquantennale va provoquer plus de dégâts qu’une crue vingtennale.
À quoi les inondations sont-elles dues ?
- Les inondations à Morlaix peuvent être provoquées par trois phénomènes, pouvant se cumuler : les crues hivernales, les épisodes orageux localisés et la montée des eaux marines.
- La géographie de la ville la rend particulièrement vulnérable. Construite dans une cuvette, Morlaix se situe à la confluence du Queffleuth et du Jarlot en fond d’estuaire lui-même soumis à l’oscillation des marées.Ces deux rivières qui drainent chacune un bassin versant de 100 km² se rejoignent sous la place des Otages pour former la rivière de Morlaix, « dosen » en breton, qui traverse ensuite la ville en souterrain jusqu’au port.
- Les aménagements urbains successifs ont été réalisés sans cohérence hydraulique globale. Les galeries, prolongées au fil du temps pour faciliter l’usage des voitures, présentent des irrégularités et des virages serrés qui freinent l’écoulement de l’eau.
Les coefficients de marée influent-ils sur le niveau d’inondation ?
Ils n’en sont pas les déclencheurs, mais en cas de concomitance d’une inondation avec une marée de fort coefficient, celle-ci peut être un facteur aggravant de l’inondation fluviale.
1.5/ Le projet de lutte contre les inondations
La réouverture de la rivière et le reprofilage des galeries empêcheront-ils toutes les inondations ?
La réouverture de la rivière et le reprofilage des galeries sont deux solutions combinées qui offrent le meilleur rapport avantage/risque. Les études scientifiques montrent que les inondations morlaisiennes pourraient encore subir resteraient limitées à un périmètre très restreint, sans causer de dégâts. Ces travaux auraient permis que les places de Gaulle et Cornic restent à sec pendant les inondations de 2013 et 2014.
Néanmoins, un aléa demeure : l’accélération du dérèglement climatique. On ne pourra pas empêcher les inondations générées par des épisodes exceptionnels intenses qu’il risque de favoriser.
Le ruissellement le long des falaises est-il un facteur aggravant ?
L’inondation du bâti par ruissellement le long des falaises est une problématique à traiter au cas par cas, à l’échelle de chaque bâtiment. Les diagnostics de vulnérabilité financés dans le cadre du PAPI s’attachent à proposer des solutions pour se protéger des inondations provenant ainsi de l’arrière des bâtiments.
Quels aménagements sont prévus pour limiter les inondations rue de Brest ?
La rue de Brest constitue le point de premier débordement du Queffleuth. Le scénario d’aménagement et de réouverture des galeries confère une meilleure protection de ce secteur par la réduction des niveaux d’eau. Dans les prochains mois, de nouvelles investigations vont être engagées pour rechercher des solutions spécifiques à ce secteur particulier de la zone inondable.
Peut-on faire confiance aux études de faisabilité qui ont été réalisées ?
Les modèles utilisés depuis 2019 se basent sur des techniques de pointe. Ils permettent de reproduire finement le fonctionnement hydraulique des galeries ainsi que l’ampleur des inondations lorsque les galeries saturent. Pour s’assurer que les outils utilisés sont fiables, on vérifie leur capacité à reproduire fidèlement des inondations déjà vécues. Basées sur des données réelles, les projections réalisées sont fiables.
Ces études ont d’ailleurs été validées par l’État et les partenaires du projet (DDTM, Cerema, Ministère de la Transition écologique, DREAL, etc.).
Existait-il d’autres alternatives ?
Non, la seule solution véritablement efficace réside dans l’association de la réouverture de la rivière et du reprofilage des galeries du Queffleuth et du Jarlot. Des actions complémentaires pourront servir de leviers additionnels, mais elles ne pourront en aucun cas remplacer l’efficacité de cette solution fondamentale.
Pourquoi ne pas opter plutôt pour des barrages en amont de Morlaix ?
Ces barrages présentent de nombreux inconvénients :
- Coût élevé : à la demande de l’État, une comparaison des bénéfices entre la réouverture de la rivière et la construction de barrages a été réalisée et révèle que la solution des barrages, est la plus onéreuse. Le respect de la Directive Cadre sur l’Eau (2000) et du principe de continuité écologique (piscicole et sédimentaire) génère des surcoûts majeurs en matière de conception et d’exploitation des ouvrages écrêteurs de crues en vue de garantir leur transparence hydraulique.
- Obstacles réglementaires et environnementaux : la construction de barrages est difficilement envisageable en raison de contraintes réglementaires (maîtrise du foncier) et de leur impact environnemental défavorable.
- Risque technologique accru : une rupture de barrage représente un danger supplémentaire pour le centre-ville de Morlaix, surtout en cas d’événement extrême pouvant causer de lourds dégâts.
- Une gestion difficile : pour être efficaces, les barrages doivent se remplir exactement au moment du pic de crue. Une tâche complexe, étant donné la variabilité des pluies sur les bassins du Queffleuth et du Jarlot et les écarts entre prévisions et précipitations réelles.
- Enfin, les barrages ne résolvent pas le problème des places convexes, responsables de l’écoulement de l’eau vers les bâtiments.
En résumé, l’option des barrages présente une efficacité hydraulique incertaine avec des co-bénéfices (de maîtrise des submersions marines ou de gestion des eaux pluviales en cas d’épisodes orageux) inférieurs au projet de réouverture de la rivière de Morlaix. Cette option est également beaucoup plus coûteuse et extrêmement difficile à mettre en œuvre juridiquement au vu des très importants impacts environnementaux qu’elle générerait à l’amont de la ville. Pour toutes ces raisons, cette option est définitivement écartée par l’Etat et l’ensemble des partenaires du programme d’actions et de prévention des inondations (PAPI) de Morlaix. Dans le cas de Morlaix, elle ne pourra donc prétendre à aucun financement public et devient donc de fait également infinançable.
Pourquoi ne pas créer des bassins de rétention pour stocker l’eau en amont de la rivière ?
Le coût supplémentaire lié à la construction, la gestion et l’entretien de tels ouvrages de rétention d’eau en amont de la rivière serait si élevé que leur rentabilité économique serait impossible.
D’autres actions complémentaires seront-elles nécessaires ?
Des leviers additionnels, comme l’ajout de talus ou la désimperméabilisation des sols en amont, pourront être envisagés pour retarder et limiter l’arrivée de l’eau en ville, mais leur impact restera limité et difficilement quantifiable.
Les personnes vivant ou exerçant une activité en zone inondable doivent apprendre à mieux se prémunir des risques. Des actions individuelles peuvent être mises en place comme l’installation de batardeaux (barrières anti-inondation) sur leur bâtiment, pour laquelle Morlaix Communauté aide à hauteur de 80 % des frais. 48 % des bâtiments inscrits dans la zone la plus exposée aux inondations ont d’ailleurs déjà bénéficié d’un diagnostic entre 2016 et 2021.
La réouverture de la rivière influera-t-elle sur l’envasement du port ?
Non, il n’y a aucun lien entre les deux. L’envasement du port est dû aux sédiments provenant de l’amont.
2. Élaboration du projet d'aménagement
2.1/ Calendrier du projet
Quelles sont les grandes phases jusqu’au début des travaux ?
Retrouvez le calendrier de l’opération sur la page dédiée
2.2/ Périmètre de la réouverture de la rivière
La rivière aura-t-elle la même configuration qu’autrefois ?
Il ne s’agira pas d’une réouverture à l’identique.
Avant 1897, la rivière s’étendait sur 30 mètres de large. Le projet prévoit que le canal entre la place des Otages et le rond-point Charles-de-Gaulle aura une largeur minimale de 6,50 mètres, conformément aux exigences du scénario hydraulique. Cette largeur pourrait être étendue par endroits, mais il faut encore affiner ces éléments. Plus le canal sera élargi, plus cela réduira l’espace disponible pour les usages et les aménagements du centre-ville. C’est là toute la complexité du travail des urbanistes et paysagistes.
Quand le projet d’aménagement sera-t-il porté à la connaissance du public ?
- La concertation de 2025 a été notamment l’occasion d’affiner le périmètre de réouverture de la rivière. Elle a permit d’établir un diagnostic précis des usages, des espaces, tout en explorant des hypothèses d’aménagement pour élaborer des premiers principes d’aménagement.
- Un plan d’aménagement global sera ensuite préparé et soumis à concertation à l’automne 2026.
- 2027 et 2028 seront dédiées à la conception finale et détaillée du plan d’aménagement, avec de nouvelles actions de concertation prévues pour recueillir les avis de toutes et tous.
2.3/ Mise à niveau des réseaux enterrés
D’autres travaux seront-ils mutualisés avec ces travaux de réaménagement du centre-ville ?
L’intégralité de la voirie sera rénovée depuis la place Emile Souvestre jusqu’au port.
Le réseau d’assainissement, fortement dégradé, doit être remplacé pour réduire les risques bactériologiques, enjeu majeur de santé publique et de protection des activités maritimes et nautiques en Baie de Morlaix. De manière plus générale, l’implantation de l’ensemble des réseaux enterrés sera étudiée et dévoyée si nécessaire. Ces travaux seront les premiers engagés avant les travaux de réouverture de la rivière et d’aménagement.
Ces travaux sur les réseaux d’assainissement assureront-ils une meilleure qualité de l’eau ?
Les problèmes de qualité de l’eau ont des causes multiples dont la vétusté des réseaux d’assainissement, tant collectifs que non collectifs. La refonte du système d’assainissement dans le centre-ville contribuera à améliorer cette qualité, mais il s’agit d’un enjeu plus vaste qui nécessite une approche territoriale qui ne se limite pas au bassin versant de la rivière de Morlaix pour être résolu durablement.
Qui paye les travaux d’assainissement ?
« L’eau paie l’eau » : c’est la facture d’eau payée par l’usager qui finance ces travaux, avec un soutien financier important assuré par L’Agence de l’Eau qui contribue fortement aux projets d’envergure.
2.4/ Espaces publics
Comment l’espace autour de la réouverture de la rivière sera-t-il aménagé ?
Une équipe d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes est chargée de cette mission à l’issue des études de programmation (2025/2026) et des études de conception définitive (2027/2028). Ces aménagements seront également réfléchis en concertation dès 2025 avec les habitants, usagers et commerçants, afin que leurs propositions soient, autant que possible, intégrées au projet.
« Les enjeux d’aménagement urbain du cœur d’agglomération sont de plusieurs ordres :
- Apporter une solution scientifiquement reconnue à la lutte contre les inondations de Morlaix et au défi du changement climatique ;
- Améliorer le cadre de vie du centre-ville et cœur d’agglomération de Morlaix Communauté ;
- Renforcer l’inclusivité sociale des espaces publics du centre-ville / cœur d’agglomération (personnes à mobilité réduite, enfants, séniors)
- Mettre en scène l’identité de la ville de Morlaix et de son agglomération ;
- Renforcer l’attractivité commerciale et touristique du cœur d’agglomération et plus globalement du territoire ;
- Mettre en valeur le paysage morlaisien et le trajet de l’eau au cœur de la ville ;
- Adapter le projet aux enjeux de circulation et de stationnement des habitants, usagers et commerçants du centre-ville ;
- Reconsolider les infrastructures de voirie »
Quel sera l’impact pour le marché hebdomadaire ?
Il n’y en n’aura pas sur la partie du marché se tenant place Allende. En revanche, celui qui se tient actuellement sur les places des Otages et Cornic fera l’objet d’une réflexion dans le cadre de la concertation. La concertation permettra d’aborder ce sujet de manière collective avec les habitants, commerçants et usagers.
2.5/ Communication
Comment les commerçants, professionnels du cœur d’agglomération et les habitants seront-ils informés des avancées du projet et des travaux futurs ?
- Un site Internet dédié au projet offrant à la fois un espace d’information et d’expression. Une newsletter du projet est mise en place.
- Les actualités du projet sont également relayées sur les réseaux sociaux de Morlaix Communauté, la Ville de Morlaix ainsi que de BMa pour les aspects techniques.
- La presse est régulièrement sollicitée pour diffuser les informations liées au projet.
2.6/ Mobilité
Comment les circulations entre voiture, bus, vélos et piétons de part et d'autre de la rivière s’organiseront-elles ?
Il est trop tôt pour le définir et un second temps de concertation offrira une réflexion collective autour de ce sujet primordial des mobilités. Il va bien sûr s’agir de penser cet ensemble de la façon la plus harmonieuse, équilibrée et responsable possible. Des passerelles adaptées à chaque type de mobilité permettront de passer aisément d’un bord à l’autre.
L'accès des voitures sera-t-il supprimé ?
Non, il n’est pas prévu de supprimer l’accès à la voiture en ville une fois le projet terminé. Pendant la phase de travaux, l’accessibilité pour les véhicules sera maintenue, bien que de manière temporairement réduite.
Des places de parking seront-elles supprimées et, le cas échéant, remplacées ailleurs ?
Actuellement, 500 places de parking se trouvent dans le périmètre du projet. La concertation et l’étude de conception permettront de définir le nombre de places à conserver ou à supprimer. Pour compenser ces futures suppressions dont la jauge reste à définir, des travaux ont déjà ajouté respectivement 47 et 54 places supplémentaires sur les parkings rue de Brest (2024) et rampe Saint-Nicolas (2023) ainsi que 15 nouvelles places sur la route de Paris dans le cadre des travaux réalisés en 2025. 116 nouvelles places sont déjà aujourd’hui effectives. Une réflexion est en cours pour créer 400 nouvelles places sur le parking Léon Blum, près de la gare, et dans le quartier de la Manufacture.
Comment passera-t-on d’une rive à l’autre ?
Des passerelles seront élevées entre les deux quais. Ce projet d’aménagement sera géré par la maîtrise d’œuvre urbaine puisqu’elle renvoie au croisement des problématiques d’usages et de déplacement.
Les engins agricoles pourront-ils toujours traverser la ville de Morlaix ?
Probablement pas pendant les travaux, mais une réflexion doit être menée concernant cette circulation.
Le projet de funiculaire sera-t-il relancé pour inciter à se garer près de la gare ?
Non, mais une solution alternative existe déjà : une navette gratuite reliant la place Cornic à la gare. Des réflexions complémentaires pourront être menées pour renforcer cette offre.
2.7/ Respect de la biodiversité
Comment la biodiversité dans la rivière sera-t-elle préservée ?
L’ouverture de la rivière contribuera à renforcer la biodiversité et à restaurer la continuité écologique entre la mer et la rivière. Un diagnostic faune-flore a été réalisé en 2025 pour s’assurer que les aménagements respectent les espèces présentes sur le site. Une « passe à poissons » sera également installée pour permettre aux anguilles et aux saumons de remonter dans le port et jusqu’à la rivière en amont de la ville. Toutefois, la pente de la galerie du Jarlot, avec son fort débit, risque de gêner la remontée des poissons. Le projet devra donc trouver un équilibre entre une pente suffisante pour évacuer l’eau efficacement et un passage praticable pour les poissons.
3. Commerces et attractivité
Quels sont les attendus pour l’attractivité future du centre-ville ?
Rouvrir la rivière et repenser l’aménagement de la ville permettra de favoriser la balade urbaine et l’animation du centre-ville devenu un espace apaisé et agréable.
Comment conserver une certaine attractivité du centre-ville durant la phase de travaux ?
Des phasages seront mis en place pour permettre la continuité de l’accès au centre-ville pendant les travaux. C’est un véritable enjeu, pleinement pris en compte par nos collectivités, et nous souhaitons élaborer un plan d’actions en collaboration avec les commerçants pour y répondre.
Doit-on craindre une baisse du chiffre d'affaires des commerçants du centre-ville pendant les travaux ?
Tout sera mis en œuvre pour garantir l’accessibilité et l’animation du centre-ville pendant les travaux. Plusieurs méthodes éprouvées existent à cet égard, et une réflexion est en cours sur l’idée d’un chantier ouvert aux habitants.
Par ailleurs, une commission d’indemnisation amiable sera mise en place pour les commerçants à l’approche des travaux. Cette indemnisation sera intégrée au budget du projet de réouverture.
4. Les travaux
Quand les travaux vont-ils démarrer ?
Le début de la réouverture de la rivière et du reprofilage des galeries est prévu au plus tôt en 2028. En parallèle, des travaux anticipés de dévoiement des réseaux d’eau commenceront dès 2027.
Combien de temps vont-ils durer ?
Cela va dépendre des phasages qui seront décidés et affinés, mais nous estimons qu’il faudra compter à minima trois ans de travaux.
Quels seront les dispositifs de sécurité mis en place pendant les travaux ?
Comme pour tout chantier, tout sera mis en place de façon réglementaire pour assurer la sécurité des usagers, commerçants, habitants.
Quelles entreprises réaliseront les travaux ?
Elles ne seront choisies qu’au moment du marché de travaux qui sera lancé en 2027/2028, soit après toutes les études à mener encore (programmation, préconception, autorisations environnementales, impacts réglementaires, conceptions opérationnelles).
Les immeubles autour de la future rivière ne risquent-ils pas de s'abîmer pendant les travaux ?
Des investigations géotechniques préalables seront engagées dans les prochains mois pour évaluer les incidences potentielles sur le bâti (vibrations, gestion de la nappe d’eau…) et adapter les conditions de réalisation des travaux en conséquence.
Une fois les travaux achevés, faudra-t-il des opérations d'entretien récurrentes pour assurer le débit et la propreté de la rivière ?
Non, et c’est aussi l’intérêt de la démarche. Il s’agit d’un système passif qui sera surveillé comme n’importe quel ouvrage de génie civil, avec des opérations d’entretien programmées bien après les travaux, de la même manière que pour tout ouvrage d’art (pont, etc.).